CIRAM PAPEETE

 

BULLETIN
TRIMESTRIEL
D’INFORMATION

 

N° 2/2005

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

 

 

 

LA RÉSERVE MILITAIRE DE LA MARINE

UN DÉFI RELEVÉ

Par le contre-amiral Bertrand LEPEU
Délégué aux Réserves de la Marine

 

Cinq ans après le vote de la loi du 22 octobre 1999 portant organisation de la réserve militaire et du service défense, la montée en puissance de la nouvelle réserve de la Marine se poursuit à un rythme très positif. C’est le résultat d’une approche pragmatique et volontariste, moderne, fondée sur la culture du travail en réseau et sur la confiance qui doit régner au sein d’un équipage.

 

 

Le défi du recrutement a été relevé

Une communication active a été développée tant en interne, pour fidéliser les anciens d’active, qu’en externe pour attirer des citoyens civils pour compléter les effectifs et répondre ainsi au souhait du législateur de faire participer l’ensemble de la nation à l’effort de défense. La Mobilisation - si je puis dire - a été générale.

Dans leurs tournées annuelles des ports, les plus hautes autorités de la Marine ont inlassablement expliqué le rôle de la réserve militaire d’une marine professionnalisée. Des conférences, prononcées par les responsables nationaux de ce dossier, ont été organisées dans différentes écoles de la Marine. Ainsi, méthodiquement, s’est transformée l’image surannée de la réserve, ont été connus les mécanismes pour y faire appel et ont été reconnus les services qu’elle rend concrètement au fonctionnement quotidien de nos états-majors et de nos unités.

Aujourd’hui, 40 % du personnel quittant le service se porte volontaire pour des activités de réserviste.

Dans le même temps tous les réseaux des amis de la Marine ont été sollicités, dans les grandes écoles, à l’université, dans certains groupements professionnels, associatifs ou autres. De même, les systèmes de recrutement d’active ou de reconversion de la Marine ont été sensibilisés au réflexe réserve. Enfin la Marine a su dynamiser ou réorienter ses dispositifs de préparation militaire élémentaire, ( PMM ) ou supérieure ( PMS ), les adaptant au nouveau contexte.

Enfin son choix politique : se constituer un vivier de bonnes volontés puis l’exploiter ensuite au mieux de ses besoins dans le respect des objectifs du législateur ( renforts de compétences militaires ou professionnelles, soutien à la communication externe, renforcement des liens avec la société civile ) a été payant. En 2002 s’est amorcé le recrutement direct dans le civil. En 2003, comme en 2004, le flux s’est affirmé et diversifié. Plusieurs centaines de volontaires sont ainsi venues rejoindre nos rangs comme quartiers-maîtres, officiers mariniers et officiers.

 

 

Les affectations individuelles sont conformes aux objectifs fixés par la loi de finance annuelle

Grâce notamment aux succès signalés ci-dessus, grâce en particulier à la performance du système complémentaire PMM/PMS/FMIR ( Formation Militaire Initiale du Réserviste ), non seulement les objectifs numériques d’affectations individuelles volontaires par contrat d’engagement à servir dans la réserve ( ESR dit de réserve opérationnelle ) ont été atteints en 2003 et en 2004 ; mais de plus, la pyramide d’emploi est aujourd’hui parfaitement respectée ( cible QMM atteinte à 104 % ). Surtout avec environ 5 200 contrats signés fin 2004, la progression annuelle fixée par le ministère jusqu’en 2012 est maintenant de l’ordre de 300 nouveaux contrats. Avec chaque année plus de 1 500 volontaires nouveaux issus de l’active, 1 400 stagiaires PMM/PMS et plusieurs centaines d’intégrés directs autres, cette question est résolue.

 

 

Le rôle des réservistes est réaffirmé

N’étant visible naturellement que dans quelques ports ou villes, la Marine a toujours compté sur ses réservistes pour sensibiliser nos compatriotes aux intérêts maritimes de notre pays. Avec la suspension du service national, le caractère stratégique de cette tâche s’est amplifié. En effet, relever le défi du recrutement du personnel d’active passe par une bonne politique de reconversion.

Cette affaire est cruciale pour la réussite de la professionnalisation des forces armées. C’est pourquoi dans chaque département un officier de réserve a été affecté sous ESR pour faciliter la mise en synergie de tous les réseaux. Il relève du commandant du CIRAM lequel exerce pour l’autorité militaire régionale la même fonction. Il est introduit officiellement auprès du préfet de département et du délégué militaire départemental.

Le statut de collaborateur bénévole du service public permet très simplement, comme prévu par la loi de 1999, de faire participer, selon nos besoins, nos réservistes à diverses activités, relationnelles notamment. Cette facilité est aujourd’hui de plus en plus utilisée.

 

 

Les relations avec les associations se précisent

Les associations ne font pas partie de la réserve militaire mais peuvent soutenir les forces armées, notamment dans leurs diverses démarches de communication externe. L’ACORAM et l’ACOMAR ont dans le dispositif associatif de la marine une place particulière à prendre, dans la logique de la nouvelle politique de la réserve voulue par le législateur. Un protocole signé en début d’année 2004 entre leurs présidents et le chef d’état-major de la Marine, officialise cette situation.

De même, les sections "Marine" de telle ou telle association méritent toute notre attention. Nous avons par exemple pu, en juin 2004, fêter sur le campus d’HEC les dix ans d’HEC - Marine. Ce fut l’occasion de signer de nouveaux partenariats de formation entre cette grande école et la DPMM. Nous avons eu aussi le plaisir de voir créer, à l’initiative d’un officier de réserve une section gadzarts / Marine.

D’autres exemples pourraient être cités. Mais il est clair qu’avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la marine dispose par les différents réseaux de réservistes d’une formidable capacité d’informer nos concitoyens qu’elle ne cesse de perfectionner. Dans ce contexte, le regroupement des fonctions de commandant du centre d’enseignement de la Marine ( es-fonctions secrétaire permanent du comité de liaison et d’information des associations de la Marine nationale ) et de délégué aux réserves trouve toute sa pertinence.

 

 

Conclusion

Se refusant à dissocier arbitrairement réserve opérationnelle et réserve citoyenne, considérant au contraire que la réserve militaire de la Marine est globale, au service de la marine professionnalisée du 21e siècle, la Marine récolte aujourd’hui les fruits d’une politique réaliste, ouverte sur notre monde. La réserve militaire de la Marine a appareillé, franchi les passes ; les balancements au poste de combat de vérification ont donné satisfaction. Elle peut sereinement faire route au poste de veille vers la haute mer, parée pour tout rappel à un stade d’alerte supérieur. Pour augmenter encore l’efficacité opérationnelle de tous les citoyens volontaires qui la composent, et dont nous ne soulignons jamais assez le professionnalisme et le dévouement, puisse l’administration hâter la remise en ordre d’un corpus de textes encore trop marqués de l’héritage malthusien de l’ancien système aujourd’hui totalement révolu. Devant l’assemblée plénière du conseil supérieur de la réserve militaire du 2 décembre dernier, le ministre n’a-t-il pas affiché clairement son souhait d’une réserve militaire globalement encore plus opérationnelle ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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