TÉMOIGNAGE D’UN RÉSERVISTE

 

Les tribulations d’un Réserviste aux Cook Islands

Par le premier-maître ® Marc CHAMPENOIS

 

 

Il arrive parfois, dans la vie d’un ancien marin, aujourd’hui réserviste, de céder à l’appel du large et de désirer retrouver des sensations au parfum d’autrefois. Lorsque de tels symptômes se présentent, le diagnostique est alors aisé à formuler : une petite période embarquée sur un de nos nobles vaisseaux, à consommer sans « réserve »… C’est donc après un jeûne de près de deux ans, que j’embarquais le matin du 27 septembre 2004 sur le P 400 « la Tapageuse ». Je faisais immédiatement connaissance d’un autre passager, en la personne du Sergeant master Tepaki Baxter ; sympathique représentant de la Police des Pêches Rarotongienne, qui nous accompagnera tout au long du périple à venir.

 

 

                              

Quelque part en mer                                                                                                          Arrivée à Penrhyn

 

Sous un soleil radieux, nous quittons rapidement Papeete et sa vie trépidante. Cap au nord-ouest, droit vers les eaux des Cook Islands et l’atoll de Penrhyn, que nous atteindrons après deux jours d’un calme transit. Le temps est couvert lorsque nous nous présentons devant la principale passe de l’île. Un chenalage délicat puis un poste de manœuvre sportif, et nous voici enfin à quai, amarrés dans la minuscule darse d’Onaka pour 24 heures d’escale. Comme dans beaucoup de ces endroits à la vie paisible, notre arrivée, qui est un petit événement, est suivie par nombre d’autochtones. Cette sympathique population, restée profondément Polynésienne dans l’âme, vit toujours au rythme du soleil et de la production de perles noires de qualité. Mais le temps passe bien vite et nous voici de nouveau attirés par le large, laissant dans notre sillage, cette île isolée à peine entrevue.

 

Après deux jours d’une route sud, d’une pléiade d’exercices en tout genre, dont un tir d’entraînement au Famas, et voilà la majestueuse Rarotonga se profiler à l’horizon dans l’aube naissante. Nous nous amarrons à Avatiu, le modeste port de cette île principale des Cook Islands. Durant presque quatre jours, loisir nous sera donné de découvrir cette agréable escale touristique aux nombreux attraits. Par ailleurs, nous vivrons un moment fort en accueillant les autorités de Rarotonga, ainsi que l’ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande accompagné de son épouse, pour une trop brève soirée officielle. Ce cocktail mémorable, dans une ambiance polynésienne, rehaussé par la présence de charmantes beautés locales, nous laissera d’excellents souvenirs. Hélas, les meilleures choses ont une fin et il nous faut cependant poursuivre la mission.

 

 

                              

Cascade de Rarotonga                                                                                             Ambiance Polynésienne

 

A un peu plus de 200 kms au nord de Rarotonga, nous attendait la magnifique île d’Aitutaki, la perle des Cook Islands. J’ai la chance de pouvoir y débarquer avec un peu d’avance sur le reste de l’équipage. Je suis en effet invité à passer une nuitée chez la famille Baxter. Un accueil polynésien chaleureux, ainsi que le prêt d’un deux roues, me permettront de découvrir ce petit joyau des mers du sud dans les meilleures conditions possibles. Les trois jours d’escale passeront bien vite et nous laisseront des impressions favorables et persistantes. Retour sur Rarotonga pour y déposer notre policier des Pêches et faire ainsi une courte halte d’une journée, nous permettant de jeter un dernier regard sur la capitale des Cook Islands. Les 600 nautiques nous séparant de Tahiti seront couverts tranquillement en deux jours, avec une féerique arrivée de nuit devant Moorea ; ma magnifique île d’adoption. Au final, durant ces 18 jours passés en compagnie du chaleureux équipage de la « Tapageuse » - que je remercie à nouveau pour son accueil et sa gentillesse - j’ai ainsi pu retrouver, pour un temps, l’âme de mes vingt ans et assouvir cette soif perpétuelle de nouveaux horizons qu’on les jeunes moussaillons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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